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Le mot du président

" Il faut que tu continues à faire de la musique, c'est la meilleure façon de la remercier de ce qu'elle a fait pour toi! "... Sa voix résonne encore dans mes oreilles. Il était le " Jachac ", l'homme le plus sage du village, le conseiller, le guérisseur, le Père de notre commune. On l'appelait Tayta Dionisio . Nul ne savait son âge.La seule chose que nous savions, c' est qu'il nous avait tous vu naître. Malgré son visage et son corps fatigué, il gardait toute sa lucidité. Véritable mémoire ancestrale, toute rencontre avec lui était enrichissante car il était la bibliothèque de la région.

Beaucoup de personnes venaient de toute part lui demander conseil. Tayta Dionisio avait toujours son avis censé sur tout. Sa sagesse et sa modestie faisait de lui le Père, l' ami et le confident du village.

Quand je suis allé le voir, il m' a dit : " Je t' attendais. Depuis ton départ, j' étais le seul à croire en ton retour ". Nous parlions des heures et des heures, me racontant la vie du village depuis mon départ. Beaucoup de gens nous avait quitté, mais le village était envahi de nouveaux petits visages. Puis nous abordâmes le sujet qui m' intéressait le plus : LA MUSIQUE !

Tayta Dionisio ! C' était lui qui m'avait offert ma première flûte pour mon troisième anniversaire et lui seul qui pouvait me comprendre ! Je lui demandais alors : " Que puis je faire pour remercier notre musique ( des Andes ), pour tout ce qu'elle a fait pour moi ? " Nul besoin de lui expliquer que mon rêve de petit enfant était de parcourir le monde ; grande illusion pour un enfant de notre village, et pourtant...

Avec beaucoup de sueur, je réussis à économiser un peu d'argent pour acheter de quoi me faire un sac à dos. Un vendredi du mois d' Avril de 1980, à 18h00, tout le village s' était rassemblé pour me faire ses adieux. Le premier camion qui passait par là me prit en stop et nous partîmes, direction la capitale.

J' ai pu parcourir le monde grâce à la musique que j'offrais de tout mon coeur aux différents habitants de ces pays. Revenu à mon village natal, je me retrouvais à nouveau face à ce vieux sage. Suivant son conseil, je créais un atelier de Musique des Andes appelé : " C'est le Pérou ! " pour pouvoir continuer la musique et la transmettre à tous nos enfants ( petits et grands ).

Wilbert Jimenez